« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
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La convention fiscale franco-belge du 10 mars 1964 prévoit que « les pensions de retraite autres que publiques sont imposables dans l'État de résidence du bénéficiaire. En conséquence, dès lors qu'un retraité de nationalité française réside en Belgique, ses pensions sont imposables dans cet État ». Or, la fiscalité est plus lourde en Belgique qu’en France.
Par ailleurs, un certain nombre de retraités français résident en Belgique dans les senioreries parfois plus facilement accessibles (J'y avais consacré un billet il y a quelques temps).
Cette discrimination sociale entre retraités du service public et les pensionnés privés a ému le sénateur UMP du Nord, Jacques Legendre - dont les sympathies pour la cause rattachiste sont bien connues - qui, en octobre, a posé une question à Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi.
Celle-ci, dans sa réponse, ne voit aucune raison de changer la situation « conforme aux principes de l'OCDE et aux recommandations de la Commission européenne ». Christine Lagarde ajoute « une remise en cause des termes de la convention sur ce point aurait des conséquences défavorables pour les retraités qui résident en France après avoir exercé une activité professionnelle à l'étranger ».
Hormis s’ils ont fait carrière dans le service public, les Wallons choisissant de terminer leurs jours en France peuvent donc être rassurés.
J'ai reçu un certain nombre de courriels (et merci à vous !) me demandant pourquoi je n'avais pas réagi à la proposition
du président du Sénat faite lundi soir, dans le JT de la RTB(f). Pour mémoire, il propose - en appui à la petite phrase d'Albert d'Eux - de recréer un "pacte des Belges" qui ressemblerait au
Congrès National de 1830.
Amusant et parfaitement dépassé. Armand de Decker, qui aime à rappeler qu'il est un Flamand francophone - un vrai belge dit-il - qui se sent chez lui d'Oostende à Arlon,
ne semble pas avoir pris la mesure de l'évolution de la société dans laquelle il vit.
Evidemment, il est logique avec lui-même en faisant cette proposition puisqu'en 1830, seul un pour cent de la population - les plus riches – purent voter et que le Congrès s'est tenu
en… français.
Même s'il corrige quand même son propos en précisant qu'il s'agirait d'un Congrès fédéral qui réunirait le fédéral, les trois Régions et les trois Communautés, pour mettre tous les problèmes de
l'Etat Belge à plat et négocier un nouveau pacte belge, j'imagine mal que ce machin (combien de membres dans l'assemblée ?) arrive à un résultat là où un groupe plus restreint n'est arrivé à
rien. Mais bon, il faut rassurer les quelques dizaines de personnes qui se sont déplacées pour les "festivités" du 21 juillet...
Bref, mais l'analogie est quand même amusante puisque le Congrès national qui s'est réunit pour la première fois le 10 novembre 1830 fut déjà présidé par le doyen d'âge... Un certain Gendebien
! On sait où ça nous a mené...
Soyons sérieux, ne faisons pas bégayer l'Histoire !
Il y a mieux, tournons la page et préparons l'avenir. Si négociations il y a, pour maîtriser son avenir, la Wallonie doit continuer à s’approprier un maximum de pouvoirs
et de compétences. Et puis se choisir un destin à sa mesure.
Vu de France, le conflit des nationalités qui met en péril l’existence de la Belgique ne suscite généralement que des commentaires timorés, formatés, prudentissimes, comme si l’esprit de
défaite inoculé à Waterloo continuait à percoler dans l’inconscient collectif de l’intelligentsia française. Seule éclaircie dans le brouillard du conformisme, un article retentissant d’Alexandre
Adler (Le Figaro du 28 août 2007) redonnait espoir aux partisans d’une vision renouvelée de la géopolitique française. Qu’on permette à un observateur de l’intérieur de présenter ici les avantages pour les trois parties concernées (France, Wallonie, Europe) d’un agrandissement pacifique de la France après l’éclatement de la Belgique.
Tout d’abord, il est vraisemblable que si les Français étaient consultés, ils ne s’opposeraient pas à l’élargissement de la France à une région voisine, francophone et amie de longue date. Un sondage paru dans le "Journal du Dimanche" du 11 novembre 2007 annonçait que 54 % des Français (66 % dans les département limitrophes) sont spontanément favorables à une telle évolution. Quant à l’intérêt de la France, il est évident : augmentation de population (environ 3,5 millions personnes), adjonction d’un territoire de 16 844 km2 (quatre départements), élargissement du champ géopolitique avec notamment une nouvelle frontière avec les Pays-Bas, position privilégiée de la Wallonie dans l’axe des échanges est-ouest, rééquilibrage du poids français par rapport à l’Allemagne, renforcement de l’influence française en Europe, etc.
Contrairement aux idées reçues et relayées par une propagande volontairement défaitiste, la Wallonie n’est pas une Allemagne de l’Est latine : son taux de croissance en 2006 était de 2,9 %. A l’échelle de la France, le PIB de la Wallonie la placerait au 8e rang des 22 régions françaises, 5e au niveau de sa population et 3e en matière d’exportations, juste derrière l’Ile-de-France et la région Rhône-Alpes. Alors, insupportable, le « poids » de la Wallonie ?
Le rattachement de la Wallonie n’entraînerait pas forcément un « effet domino » qui priverait de proche en proche le Royaume Uni de l’Ecosse, l’Allemagne de l’« Etat libre de Bavière » et l’Italie de la « Padanie »… Soyons sérieux : y a-t-il une seule chance pour que la Flandre française demande son rattachement à la Flandre ex-belge ? Aucune. Le pays basque français va-t-il faire sécession ? Rien ne le laisse présager. Et la Corse ? Elle réaffirme régulièrement sa volonté de rester dans la République.
De plus, la nature des minorités nationales dont on redoute l’émancipation n’est pas comparable avec celle de la Wallonie ou de la Flandre, car la Belgique ne possède aucun substrat national propre, contrairement à des pays comme la Hongrie, la Roumanie, l’Allemagne, la Pologne, la Slovaquie, l’Ecosse ou la Catalogne.
A la différence de ces nations anciennes, la Belgique est, pour ainsi dire, une vue de l’esprit : elle a été conçue au XIXe siècle comme une barrière politique destinée à empêcher la France de retrouver ses frontières héritées de la Révolution et de l’Empire. Le royaume de Belgique est une singularité de l’histoire, une espèce de monstre hybride franco-batave, sorti des éprouvettes des Dr Folamour du Congrès de Vienne (1815), posé sur le limes latino-germanique comme un couvercle sur une casserole, puis oubliée au coin du feu ; elle est devenue un Etat-auberge qui abrite provisoirement deux nations : des Flamands et des Français. Or, personne n’a éteint le feu (les premières revendications flamandes datent des années 1840) et ce qui mijotait s’est mis à bouillir… L’ « évaporation » de la Belgique (pour reprendre l’expression délicate de l’actuel ministre flamand des Affaires étrangères) n’entraînera pourtant d’autre effet prévisible qu’un retour à la normale, c’est-à-dire une stabilisation du cœur de l’Europe ; à une condition : que la crise belge se résolve par la création subséquente d’une république flamande et la réintégration de sa partie française dans la République (après la possible étape d’une « Belgique résiduelle » qui ne remplirait, soit dit en passant, aucun des critères de convergence européens).
Quant à l’argument du « mauvais exemple », il frise le ridicule. En 1789, la France ne devait sans doute pas non plus montrer le mauvais exemple aux autres nations européennes… Fallait-il renoncer à la République pour ne pas contrister les monarchies et principautés voisines ? L’Allemagne a-t-elle montré le mauvais exemple en récupérant sa partie orientale ? La Tchécoslovaquie a-t-elle montré le mauvais exemple en se scindant pacifiquement en deux ? Et la Norvège s’émancipant de la Suède ? Et la Grèce se libérant du joug ottoman ? L’histoire irait à sens unique ? Et la France serait le seul pays à « montrer le mauvais exemple » si elle récupère ses territoires amputés en 1815 ?
Qu’on me permette ici de déplorer la permanence d’un certain souverainisme français nostalgique de sa propre monarchie et admirateur du sympathique royaume de Belgique qui aurait su maintenir les charmes du trône et de l'autel quand ces mécréants de républicains s’en détournaient brutalement. Or, les Saxe-Cobourg et Gotha ne sont ni les Capétiens ni les Bourbon : ce sont les rois qui ont fait la France, mais c’est la Belgique qui a fait le roi. La Belgique du XXIe siècle n'est donc pas une France en miniature qui aurait échappé par miracle aux affres de la Révolution. Le petit royaume conçu à Londres en 1831 était une construction anti-française dirigée par un roi luthérien, anglophile et franc-maçon, qu’on pria de régner sur des populations catholiques et une élite francophile.
Les 178 ans passés ont vu la lente et légitime renaissance de la nation flamande à l’intérieur de l’utérus belge, mais rien n’a changé au fond : au cœur même du royaume, la Belgique aujourd’hui flamandisée continue à jouer son rôle de tampon en luttant de son mieux contre toute influence française extra-hexagonale (au contraire des flux anglo-saxons parfaitement perméables). Le mouvement régionaliste wallon et une certaine euro-bruxellisation des esprits faisant office de pare-choc ou d’isolant thermique, pour ainsi dire.
Que faire donc après la Belgique ? D’abord laisser tomber ses œillères, se libérer des schémas médiatiques et se dresser contre un certain esprit de soumission que j’appellerais le « complexe de Waterloo ». Bref : oser renverser la vapeur.
La France doit intégrer la Wallonie pour retrouver confiance en elle-même, résister aux déconstructeurs de la nation et contribuer ainsi à une refondation de la construction européenne. Il faut savoir que pour les idéologues de l’Europe métanationale, le « Belge » est le chouchou de la nomenklatura européenne (c’est lui qui porte la mallette du prof) ; le bon élève est donc aussi prié d’être un exemple « d’unité dans la diversité », de « multiculturalité harmonieuse », il doit être le « laboratoire de l’Europe », le « carrefour des peuples », etc., etc. Pour les eurocrates, scinder la Belgique, c’est insulter le modèle de cette Europe fourre-tout (qui ne veut reconnaître ni ses frontières, ni ses fondements), c’est casser le moule, c’est briser les éprouvettes. C’est, finalement, risquer de donner aux nations le mauvais exemple de la liberté des peuples.
On comprend mieux les charitables admonestations du premier ministre luxembourgeois et les « inquiétudes » de la Commission européenne sur le sort futur de leur cher Etat-labo. La Belgique est ainsi devenue la ceinture de chasteté d’une Europe revirginisée, indemne de toute luxure nationale, en somme une Europe Société Anonyme, abstraite et universaliste, dont la capitale, Bruxelles, serait un compromis entre hall de gare, foire commerciale et tour de Babel.
Finalement, on en revient toujours à la même question. Essentielle. Dérangeante : à quoi servent les nations, et singulièrement : à quoi sert la France ? Réponse : à montrer l’exemple. Et ici, nous devons bien sortir les grands mots : la France doit, seule contre tous s’il le faut, montrer l’exemple de la liberté et de la dignité des hommes en s’opposant à la capitulation des nations et à ses conséquences directes : la tribalisation de l’humanité et la marchandisation de l’homme.
Si la France a encore une raison d’exister, c’est celle-là. Oser se dresser contre l’irrémédiable. Montrer la voie. Car entre l’Europe supranationale et la sous-région, entre l’empire et la tribu, seule la nation protège le citoyen, le fait grandir, l’émancipe. Voilà la vraie vocation d’une Europe humaniste. Cette vocation est aussi celle de la France : vocation à forcer les passages et à franchir les barrières, qui constitue ce que de Gaulle appelait la « grandeur de la France ».
Comprenons-nous bien. Cette grandeur n’est pas une forme de vanité collective ni une variante d’autres messianismes politiques plus ou moins délirants. Elle n’est pas non plus l’expression d’une volonté impériale frustrée de son passé. Non. Cette grandeur-là est une prise de distance, une mise en surplomb, une vision d’en haut d’où procèdent naturellement humilité et liberté. Humilité de se savoir petit dans l’univers (1 % de la population humaine), humilité des défaites, humilité des déchirements internes ; mais aussi liberté d’assumer un destin singulier, parce qu’à mesure où l’esprit s’élève, les perspectives historiques se précisent et forcent le devoir d’enfreindre. D’enfreindre quoi ? Les fausses évidences : « ne pas entraver la construction européenne » ; les soi-disant équilibres (réels ou imaginaires) : « attention à l’effet domino » ; les implacables contextes : « le marché, l’Europe, l’OTAN, l’ONU… »
Où veux-je en venir ? Quel rapport avec la Wallonie française ? Voici. Si la France veut se prémunir contre le tropisme anti-national, et donc anti-européen, elle doit se renforcer en s'adjoignant la Wallonie. Attendre un hypothétique réajustement spontané du système bruxello-européen (qui tourne de toute façon à vide, car il est déconnecté des peuples), c'est accepter de se soumettre sans certitude de s'en remettre. Si la France se soumet aux règles du politiquement correct européen, elle ne s’en relèvera pas. Et son destin sera celui d’une section européenne de l’internationale libre-échangiste.
En plus de son intérêt bien compris, la France a donc le devoir, le droit, l'obligation politique et morale de s'adjoindre la Wallonie ! Ce renforcement de la République sera sans doute l’élément déclencheur d’un regain de confiance des Français en eux-mêmes et d’une volonté renouvelée d’entreprendre, car leur pays aura posé un acte de souveraineté exemplaire. Comment n’en sortiraient-ils pas grandis ? Et comment les autres Européens, à leur tour, n’en prendraient-ils pas de la graine ? Car cette manifestation de la volonté nationale sonnera aussi, on peut l’espérer, le réveil des peuples endormis. Or, c’est justement ce réveil des peuples que craignent les eurocrates ! Comme le souligne justement Paul-Marie Coûteaux, « ce fut le sortilège du gaullisme que de montrer que, plus la France se distinguait et osait affronter les puissants, plus elle se découvrait d’alliés – et plus ses alliés étaient conduits à la respecter… » (L’Europe vers la guerre, p. 299).
En somme, intégrer ou non la Wallonie sera pour la France un véritable test grandeur nature de sa capacité à s'affirmer face aux dictats d’un supranationalisme calibreur de cultures et aplanisseur de nations. Non seulement pour elle-même, mais aussi pour l’Europe dont le destin n’est pas de devenir un magma mais de former une mosaïque.
Puisse-t-elle ne pas laisser passer cette chance !
Décembre 2007
(*) Bibliographie
Petit glossaire de la sous-France, Éd. Talus d'approche, 2000
Circonstances et motifs de la disparition de Ian Lears, Éd. Lux, 2000
Histoire imaginaire de la première République liégeoise, Éd. du Céfal, 2001
Pages arrachées au journal de Satan, Éd. Salvator, Paris, 2005
Je me suis forcé à écouter (que dire, à subir) le discours du roi.
Quelle platitude, quelle médiocrité dans le propos, quel manque de lucidité, de courage et d'enthousiasme. Mais qu’attendre de plus ?
La pauvreté, l'insécurité, l'inégalité... comme le soulignait le roi, sont des problèmes qui existent... de plus de 25 ans. Le rappeler une fois de plus aujourd'hui, pour éviter d'aller à l'essentiel, pour éviter d’aller à une des causes principales de ne changera rien à rien. En appeler aux mânes de son frère (*) ne sert qu’à essayer de refaire l’union sacrée des derniers belgicains (entendez : « belges francophones ») et à culpabiliser ceux qui, parmi eux, commencent à ouvrir les yeux. La source des « vrais problèmes des gens » vient, en grande partie, de l’existence même de la Belgie-que et de l’incompatibilité de faire vivre deux peuples antagonistes sur un même territoire. Jean Rey avait déjà constaté en 1947 que « partout, quand un Etat unitaire est travaillé par un mouvement nationaliste, il est impossible qu'il ne finisse pas par craquer. (...) la sagesse est de s'en apercevoir à temps ». Ni le roi (appelé comiquement « souverain » par d’aucuns, indiquant par là que nous ne sommes pas en démocratie) ni – hélas - les présidents de partis politiques et leurs courtisans englués dans les passions politico-électorales ne semblent encore en être là.
Bottant en touche, il s'inquiète pour l'avenir de...l'Afrique centrale sans oublier de remercier Faribola (tatie Danielle ?) pour services rendus (et justifier la revalorisation de sa dotation ? Les problèmes de pouvoir d’achat touchent décidément tout le monde…)
Non, rien... Une journée pluvieuse... Triste comme une fête
nationale belge.
Si, quand même ! L'agence BELGA nous informe que " Le cardinal Dannels demande l'aide de Dieu pour la
Belgique " ! A quand l'extrême-onction ?
(*) Maintenant on peut aussi se dire que ces gens là ont des conseillers et spécialistes en communication à leur service. Et si le message subliminal qui se cache derrière ces platitudes était : « Baudouin est mort et la Belgique aussi » ?
On le sait, c’est là une très vieille revendication flamande. Les Wallons se basent plutôt sur un point de vue régional. Ce dernier point de vue est issu de la doctrine du nationalisme de Renan qui veut que la nation soit la volonté libre et consentante de vivre ensembles sur un même territoire (pour faire simple).
Il y a une certaine confusion dans ce terme de dialogue de communauté à communauté. Si les communautés se définissent sur une base linguistique ou religieuse, ou encore « ethnique », que vient y faire le concept territorial ? Ce concept est logique dans la doctrine de Renan, mais est assez contradictoire dans celui de communauté qui concerne les matières personnalisables, liées aux individus. Ces matières ne peuvent pas être limitées par des frontières. (C’est là toute la subtilité du point de vue du mouvement flamand…)
Si vraiment, on s’engage dans ce type de dialogue, ne faudrait-il pas préalablement recenser et définir les différentes communautés existantes ? Si c’est sur base linguistique, combien d’habitants de l’actuelle Belgie-que déclarent-ils être de langue flamande, française, allemande, arabe, luxembourgeoise, anglaise… pour ne citer que les plus reconnues ?
On serait peut-être étonné du résultat...
Mais je m’arrête là, tomber dans le piège de la lecture d’un point de vie communautaire, c’est faire le jeu des Flamands et de leurs alliés belgicains puisque le terme « français » serait rapidement corrompu en « francophone ». Et donner des arguments aux pseudo-"défenseurs des francophones" ou aux pseudo-réunionistes qui n'existent, et ne sont mus, que par leur sentiment d'exaspération plutôt que par amour des leurs, de leur région ou leur désir de devenir Français !
On le sait, la commune d'Overijse a écrit en néerlandais à la commune de Grez-Doiceau afin de lui demander
l'autorisation de passage pour une "ballade pédestre et cycliste récréative organisée dans le cadre du Gordel avec le Bloso". A l'heure actuelle, seul André Flahaut (quand on quitte un
gouvernement, on retrouve un cerveau ?) a réagi en s'inquiétant de cette volonté d'étendre l'événement militant flamand dans une commune wallonne. Timidement, il ajoute que "Si la commune
donne son autorisation, elle doit exiger que les emblèmes et drapeaux des participants à la ballade restent de l'autre côté de la frontière linguistique".
Depuis, plus inquiétant, le Bourgmestre Alain Clabots et ses échevins en ont parlé en réunion du Collège... et ont pris la décision de dire "JA!" : " dans un esprit
d'ouverture et d'accueil. C'est le message politique que la commune a décidé de faire passer. Chez nous, tout le monde est le bienvenu". Le Bourgmestre ajoute : " Je ne suis pas sûr
qu'ils viennent à Néthen pour mettre un pied en Wallonie. Nous ne voulons donc pas non plus envenimer la situation." (Quelle situation ?)
A l'heure où trois bourgmestres (qualifiés de "quantités négligeables" parce que leur autorisation n'est pas nécessaire pour l'organisation a déclaré le ministre flamand des Sports, Bert Anciaux)
de communes (Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem) situées en Région flamande ne donneront (peut-être) pas l'autorisation au passage du Gordel dont on sait que c'est un événement
plus politique que sportif, on ne peut que s'étonner de cette réponse favorable de Grez-Doiceau.
On peut craindre en effet un agenda caché, puisque des rumeurs insistantes font état, par ailleurs, de menaces sur l'intégrité du Brabant wallon que d'aucuns verraient bien sacrifié, en tout
ou en partie, en guise de monnaie d'échange à une solution "équilibrée" pour l'épineux dossier de BHV.
Citoyens, préparez vos clous !
M. à J. : En fin de soirée, on apprenait que Le Gordel a finalement préféré limiter son
parcours à la ceinture flamande qui entoure Bruxelles, faute de pouvoir exhiber ses calicots.
à suivre !
Excellent rappel des propos de Claude de Groulard sur le blog "Liège-France" à propos de notre identité.
Je ne peux que vous inviter à le
lire.
J'aime beaucoup la phrase : "Notre identité substantive devient adjective par défaut de
substance..."
Partageant sa conclusion, à force d'accepter de se dire "francophone", "par le peu d'empressement à s'assumer, le peuple wallon éternise la
Belgique"...
Notez que je déteste tout autant l'usage du terme "Hexagone" qui n'est qu'une des façons de ne pas prononcer le nom de "France"
!
Et je m'aperçois que je ne vous ai pas encore invité à lire les analyses de François Lemaire, n'hésitez pas, elles méritent le détour.
Mais l'événement d'hier - en dehors de la nomination de trois médiateurs "trois crocodiles, trois anciens combattants" (comme le dit Jean-Marie Dedecker avec qui je suis, pour une fois, d'accord) et la confirmation d'Yves Leterme dans ses fonction et le report de toutes décisions en matière institutionnelle, mais on s'y attendait - c'est l'émission d'information de la mi-journée consacrée au "rattachisme" sur RTL-TVi. Les invités étaient Jean Quatremer (Libé) et Robert Collignon (Ancien Ministre-président wallon). Tous deux ont été très clairs, didactiques, responsables et réalistes. Il manquait Daniel Ducarme, mais sa position est connue.
Une excellente émission. A voir et à revoir.
Décidément, entre émotion et sérieux, il y a bien rattachistes et... rattachistes !
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1ère partie |
2ème partie |
Il y a quelques années, François Perin a dit qu’un jour, on constaterait l’impossibilité de former un
gouvernement tellement les positions des deux communautés seront inconciliables. Nous en sommes proches.
Le fait nouveau, c’est l’irruption du fait régional dans le débat. Que ce soit dans le communiqué de Leterme que dans la consultation des présidents de région par le roi. L’Etat fédéral est
dépassé dans les faits.
Rien d’étonnant donc à la proposition de démission d’Yves Leterme. Il poursuit ainsi l’objectif du mouvement flamand avec d’autres moyens. La preuve ? Un sondage en passant… celui de la "Gazet
van Antwerpen" de ce 15 juillet.
Qui est responsable de la crise ?
Le cartel CD&V/N-VA : 11.77%
Les francophones : 77.59%
Leterme : 6.25%
Autres : 4.39%
Le cartel a-t-il eu raison de rester ferme sur ses positions ?
Ja : 83.25%
Nee : 16.75%
Doit-il y a voir de nouvelles élections ?
oui : 59.90 %
non: 40.10%
La Flandre doit-elle devenir indépendante maintenant ?
oui : 60.41%
non : 39.59%
Edifiant, non ?
Et pendant ce temps là, nos politiques « francophones » continuent à essayer de rassurer le « bon peuple ». Pour eux, tout ça n’est que l’effet d’une banale rivalité de personnes entre Leterme et
Peeters… Le climat des négociations n’était-il pas « serein et constructif » ? Le seul à qui je donnerais raison, c’est à Marcel Cheron (Ecolo) qui a dit (mais sans le faire exprès) qu’il est
temps de prendre des vacances… J’ajouterais de très longues vacances !
Heureusement, tout le monde n’est pas dupe et certains prennent leurs responsabilités. J’étais en France au moment de la publication de la « note confidentielle » adressée aux membres «
d’Énergie réformatrice » par Daniel Ducarme sur la Belgique française.
Option qu’il avait déjà défendue en décembre de l’an dernier et que j’avais évoquée en parlant de l’ingénierie institutionnelle française qui n’a rien à envier à celle que nous connaissons,
puisque elle au moins, elle fonctionne ! Certes, et c’est toute la différence avec certains rattachistes romantiques, Ducarme a compris que tout est à négocier selon les intérêts mutuels, les
nôtres et ceux de la France. C’est ce que nous disons sur « Debout la Wallonie ! ». J’avais critiqué sa sortie en décembre, mais je lui dois reconnaître maintenant une efficacité certaine. Ce
projet de « loi organique » composée de 132 articles constitutifs d’un « statut d’autonomie de la Belgique française », entendue comme une « collectivité territoriale autonome au sein de la
République » rédigé avec un groupe de juristes, belges et français tient la route. Lisez-là !
Il reste maintenant à se demander comment Ducarme fera passer ses idées au sein d’un parti qui comporte des « belgicains rabiques» à la Fourneaux ou à la Charles Michel ?
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| Un extrait d'un classique du cinéma : |
Tout autre est la dernière sortie de Monseigneur Léonard, évèque de Namur (que l'on disait pourtant proche des idées du président d'un parti réunioniste, mais postulant au titre de Cardinal, ceci expliquant peut-être cela) : "Durant des siècles, la Flandre a dû lutter pour faire respecter sa langue et sa culture. La Flandre a été pendant longtemps la victime de l'arrogance francophone."
Certes, le "saint" homme a quelques raisons statistiques de faire brûler ses ultimes réserves d'encens sur l'autel de la Flandre : c'est là que se trouvent les derniers bataillons du catholicisme belge moribond.
Mais même à supposer qu'il soit sincère, il faut alors admettre que les cours d'Histoire dispensés dans les séminaires sont de fort piètre qualité. La ré-écriture de l'Histoire par Pirenne, les "historiens" belges qui l'ont suivi et le Mouvement flamand a bien fonctionné. Le révisionnisme a encore de beaux jours devant lui.
M. à J. (20/07) : Une réaction
La presse fait état d'une proposition qui circulerait dans le groupe "BHV" de négociation institutionnelle,
celle-ci : "Scinder BHV et créer, ensuite, deux collèges électoraux se chevauchant : l'un englobant le Brabant wallon, Bruxelles et les 6 communes de la périphérie, l'autre comprenant Bruxelles
et le Brabant flamand"
Bref, un compromis boiteux "à la Belge" dont les seuls Brabançons wallons sortiraient perdants. On remettrait sur le métier un des meilleurs acquis de la régionalisation (Oups ! Pardon, du
fédéralisme) pour (tiens-tiens, comme par hasard une revendication du Mouvement flamand) en quelque sorte "communautariser" l'ancienne province du Brabant.
Il nous reste à espérer que nos politiciens auront, pour une fois, le sens de l'intérêt général et ne feront pas passer en priorité leurs petits intérêts électoraux à court
terme.
C'est vraiment du n'importe quoi. Ce serait vraiment à désespérer. Refuser de remplir son devoir électoral deviendrait alors un acte citoyen !
A moins que... la révolte ?
Pendre le dernier des Michel avec les tripes du dernier des Maingain ? ;-)
Mise à jour : Je pensais le PS plus prudent pour des raisons
purement électorales, mais Rudy Demotte vien de déclarer au KNACK du 25 juin : " Tous les partis francophones
sont demandeurs pour relier Bruxelles et la Wallonie via Rode-St-Genèse, qui est en majoritairement francophone. Et je peux le comprendre. Mais il serait encore
plus utile d’élargir Bruxelles avec des parties du Brabant wallon et du Brabant flamand."
L'infatigable Ambassadeur Albert salon nous communique l'information suivante : Depuis 1992, à chaque révision de la Constitution, « Avenir de la langue française » et d’autres associations de promotion du français et de la Francophonie, demandent l’inscription dans notre Constitution d’un engagement de la France en faveur de la Communauté francophone.
Afin de bien montrer que la France ne saurait se dissoudre dans une Europe-fédérale vassale, en fait, de l’empire anglo-saxon, et qu’elle doit continuer à « marcher sur les deux jambes, garder son Grand Large, sa voix et sa voie mondiales, et développer la Francophonie.
Depuis quelques années, le Forum pour la France avait pleinement endossé cette demande.
Or, voici que la révision constitutionnelle en cours cet été 2008 nous ouvre une grande chance de succès, puisque le Sénateur UMP Jacques Legendre et plusieurs de ses collègues ont proposé l’amendement joint, que le Sénat a voté à l’unanimité en juin.
Si l’Assemblée Nationale votait à son tour dans le même sens, et si le Congrès entérinait les deux votes, ce serait l’aboutissement de seize ans d’efforts ainsi heureusement conjugués !
Le Forum pour la France en serait légitimement fier, et reconnaissant à nos parlementaires et au gouvernement !
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Service de la séance |
Projet de loi constitutionnelle Modernisation des institutions de la Ve République (1ère lecture) (n° 365 , 387 , 388) |
N° 377 rect. 17 juin 2008 |
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AMENDEMENT présenté par |
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MM. LEGENDRE, GOUTEYRON, MARINI, ROMANI, BOURDIN, DUVERNOIS, FOURNIER, GAILLARD et COINTAT ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS ARTICLE 31 |
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Après l'article 31, insérer un article additionnel ainsi rédigé :
I. Dans le Titre XIV de la Constitution, il est inséré un article 87 ainsi rédigé :
« Art. ... - La République participe à la construction d'un espace de solidarité ayant le français en partage, au service de la diversité culturelle et linguistique, de la paix, de la démocratie et du développement. »
II. L'intitulé du Titre XIV de la Constitution est ainsi rédigé :
« De la francophonie et des accords d'association ».
Objet
Cet amendement a pour objet d'introduire dans le titre XIV de la Constitution un article 87 consacré à la francophonie, définie comme un espace de solidarité ayant le français en partage.
Cette référence à la francophonie, adossée aux principes qu'elle défend (ceux de la diversité culturelle et linguistique, de défense de la paix, de la démocratie et du développement, qui font déjà l'objet d'un consensus républicain) permettra de consacrer dans notre loi fondamentale le rôle que joue la langue française dans le rayonnement international de la France.
Il convient, en conséquence, de compléter le Titre XIV de la Constitution qui ne portait jusqu'à présent que sur les accords d'association.
En complément, deux textes
:
- un article sur les langues régionales et
minoritaires en France (position officielle d’ « Avenir de la langue française », de plusieurs autres associations
qui l’ont soutenue, et, depuis le 26 juin, du Forum pour la France.)
- un article de
politique générale : « La
France doit choisir » (position personnelle de Monsieur Salon)
En réponse à un commentaire sur son blog, le député du Hainaut, Denis Ducarme, évoque l'évolution institutionnelle du
pays dans ces termes : " Pour ce qui me concerne, il est utile de sortir de l'impasse profonde dans laquelle nous nous trouvons. La coopération avec la France est une option parmi d'autres.
Mais à ce stade, la communauté francophone de ce pays n'est pas mûre pour ce grand saut et n'adhère pas à cette perspective. J'estime donc que ce n'est pas la solution actuelle aux problèmes
rencontrés. Il faut demeurer pragmatique. La piste du confédéralisme peut-être une évolution à long terme ou juste une phase. Je ne rejette pas l'option française pour autant, mais elle n'est pas
à ce stade, d'actualité et doit continuer à être analysée. L'essentiel à mon sens aujourd'hui est d'œuvrer à la prise de responsabilité francophone, à la prise de conscience de l'opinion
francophone visant à la faire sortir enfin d'une nostalgie un peu niaise qui la conforte dans un romantisme attaché à une Belgique dépassée. "
Hier, son père Daniel, à la fin d'une interview sur RTL, ne disait pas vraiment autre chose, mais semblait aller un peu plus loin dans la réflexion. Comparant même, dans un accès de
lyrisme, la Belgique avec la défunte Yougoslavie.
Hélas, tous deux se comportent encore trop en "politiciens traditionnels". De ceux qui suivent l'opinion publique au lieu de la précéder. Ça doit être ça : "être Représentant du Peuple". Porte
parole d'une opinion convenue, conforme, défendre des options auxquelles on ne croit plus vraiment. Dommage ! Je considère pour ma part comme du devoir d'un homme politique d'être un moteur de
changement, de réforme, d'être capable de prendre des risques et non d'être un suiveur. Faute de quoi, nous sommes condamnés à vivre un long pourrissement, à moins que les Flamands...
J'en viendrais presque à rejoindre la position de Béatrice Delvaux dont je parlais dans un billet précédent dans son regret qu'il n'y ait plus de vraie politique. Mais force est de constater que
c'est le système qui veut ça.
Et pourtant, en décembre 2007, la proposition de Daniel Ducarme de " formule
d’association avec la France " ne manquait pas d'audace et d'originalité. Souvenez-vous… un statut du type de celui de la Polynésie ! Hypothèse que j'avais également évoquée en novembre, parlant de la souplesse et l'inventivité de l'ingénierie institutionnelle française en matière d'autonomie régionale
et locale. Un statut qui pourrait même satisfaire nos indépendantistes les plus purs comme le montre cet article sur le site de la ville de Papeete où
il est précisé que : " La population était venue très nombreuse assister également au dévoilement des deux plaques de marbre sur lesquelles sont inscrites pour les générations futures,
l’engagement des partis autonomistes à maintenir la Polynésie au sein de la République française".
A un moment ou la Lijst Dedecker annonce son intention de s'allier avec le Vlaams Belang pour obtenir la majorité en Flandre, ça vaut la peine d'y réfléchir et de sortir de " la nostalgie un peu niaise qui la conforte dans un romantisme attaché à une Belgique dépassée " pour reprendre une expression du commentaire ci-dessus.
Dans l'éditorial du quotidien bruxellois "Le soir", la rédactrice en chef est obligée de constater dans une courte énumération combien la situation politique est bloquée et surtout combien (et c'est une première pour ce journal) l'écart et l'exaspération grandit entre les citoyens lambda des deux communautés et des trois régions.
Elle rend les politique responsables de cette situation pour avoir "abandonné le champs politique" (à qui ?). Je pense au contraire que la presse s'occupe à leur place de parler pour ne rien dire, devanant ainsi un auxiliaire du populisme ambiant. si cette dernière adaptait son discours dans un sens plus pédagogique et ouvert, nous verrions certainement la politique revenir. Et ne nous trompons pas, ce ne sont pas les Flamands qui oblignet à être médiocres !
Réveil tardif ? Gueule de bois ? A force de prendre ses rêves pour des réalités…
Malgré tout, elle persévère. Il faut lui reconnaître ce mérite. Et fait la leçon :
"Il faut que les francophones entrent dans ce pow-wow institutionnel d'envergure. Mais alors les Flamands devront accepter des compromis forts. Sous peine de ne construire aucune solution durable et respectable. Ou de valider l'idée qu'ils ne veulent que ce qui sert leurs intérêts, assouvit leurs ressentiments ou comble leurs frustrations.
La solution qui fait concomitamment s'élargir Bruxelles et s'accroître les compétences régionales, en
garantissant les droits des minorités et un financement dans chaque région, est tout sauf stupide. Elle a même beaucoup d'allure. Elle demande créativité, courage, mais surtout sens des
responsabilités. Ceux qui ne les prendront pas, seront lourdement coupables. Sans pouvoir prétendre qu'ils n'ont pas été prévenus."
Epinglons cette perle : " les Flamands devront accepter des compromis forts"… C'est qu'elle semble encore y croire la pauvre !
Les vertus de l'engagement ou de l'auto-manipulation ! Il est si difficile de changer d'attitude, même si on se rend compte que ça ne mène à rien. Tiens, je m'en vais lui recommander la lecture du "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens" de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beaubois (PUF).


